Shoe Addicts: pour la bibliophage en vous! - Pensées d'une Shoesaholic

Shoe Addicts: pour la bibliophage en vous!

mercredi, 5 novembre, 2014 10
Ce contenu a été publié il y a 5 années. Lisez cet article en tenant compte de son âge (les chaussures dont je parle peuvent par exemple ne plus être disponibles 😉 ).

Peut-être le saviez-vous, peut-être ne le saviez-vous pas, mais j’adore lire. Je ne sors jamais sans Bridget, ma liseuse (parfaitement, elle a un nom!). Je peux m’intéresser à n’importe quel type de livres: les classiques si romantiques de Jane Austen, les histoires poignantes de Khaled Hosseini, les thrillers psychologiques de Daphné du Maurier, les oeuvres effrayantes de Stephen King… et bien sûr, il m’arrive très régulièrement de plonger la tête la première dans de la chick-lit bien superficielle. (Au passage, je trouve le terme « chick-lit » – littéralement « littérature de nanas » pour les nuls en anglais – tout à fait sexiste. Comme s’il n’y avait que les femmes pour dévorer les 6 tomes des Confessions d’une accro du shopping. N’importe quoi.)

Si les chaussures et la mode n’avaient pas existé, j’aurais peut-être été blogueuse lecture. Mais les chaussures existent (et heureusement, parce que certaines blogueuses lecture font le boulot beaucoup mieux que je ne l’aurais fait à leur place – cf. Le blog des livres qui rêvent).

Bref, tout ça pour dire que grâce à un article sur le blog de The PsyShoePathe, j’ai trouvé un moyen de conjuguer brièvement mes passions – lire un livre appelé Shoe Addicts Anonymous (Shoe Addicts en français) par Beth Harbison. De la bonne chick-lit comme on l’aime.

Couverture de Shoe Addicts, de Beth Harbison

 

Le pitch?

Lorna est une serveuse que l’addiction aux chaussures hors de prix emporte tout droit dans le surendettement. Hélène est une femme de sénateur, délaissée par son mari, qui a annulé ses cartes de crédit dans le but de la contrôler… et de la forcer à tomber enceinte. Sandra est une opératrice de téléphone rose, obèse et agoraphobe. Toutes trois n’ont rien en commun… à part une addiction aux chaussures et une même pointure, 7,5 qui correspond à un 39 français. (Je vous avoue que j’étais un peu surexcitée d’apprendre que ces trois femmes avaient ma pointure. Pour une fois que je n’ai pas l’impression qu’une Shoesaholic doit forcément avoir des pieds tout petits. Je demande un petit « hip hip hip, hourra! » destiné aux pieds moyens à grands.)

Déterminée à canaliser son addiction et à faire le ménage dans sa vie, Lorna envoie une annonce sur Internet, pour les femmes de sa ville chaussant du 39, désespérément Shoesaholics, pour pouvoir échanger des chaussures. C’est ainsi qu’est créé le groupe des Shoes Addicts Anonymes.

Après quelque temps, le groupe trouve une quatrième membre: Joss, qui a une dizaine d’années de moins que les autres, nounou à plein temps chez un mix entre la belle-mère de Cendrillon et Miranda Priestly dans Le Diable s’habille en Prada. Chaussant une pointure de moins que les autres, n’en ayant absolument rien à faire des chaussures, Joss utilise le groupe comme une façon de quitter la maison diabolique…

Ce que j’en pense

Bon, c’est de la chick-lit (je continue à employer ce terme générique, même si je persiste à croire qu’il est sexiste). Donc il ne faut pas à s’attendre à ce que ce soit merveilleusement bien écrit. D’ailleurs, j’ignore si le problème provient du fait que je l’ai lu en numérique, et que souvent ils se dépêchent un peu quand il s’agit de mettre un livre au format numérique, mais j’ai constaté pas mal de fautes lors de la lecture. Je l’ai lu en anglais, et beaucoup d’apostrophes ont été oubliées. Il est arrivé plusieurs fois qu’un nom soit remplacé par un autre. Parfois, je relisais cinq fois une phrase, en me disant « ça a pas de sens, elle est pas là cette personne en ce moment, comment peut-il s’adresser à elle? ». Et puis, je comprends qu’en fait ils se sont trompés de nom. Ce n’est pas très grave en soi, mais on a juste envie de dire « relecteurs en carton ».

Malgré le fait que le style littéraire est éloigné de celui de Jane Austen, j’ai néanmoins trouvé des passages qui expliquent de façon très juste ce que peut représenter l’addiction aux chaussures. Pour la plupart, ces passages sont tirés du monologue intérieur de Lorna, personnage qui se rapprochait sans doute le plus de moi. Disons qu’elle était dans une situation dans laquelle j’aurais pu être si les achats à crédit étaient aussi répandus en France qu’ils le sont outre-Atlantique.

(J’ai mis les traductions en français des citations entre parenthèses. Excusez leur nature un peu bancale. Je n’ai aucun problème pour lire en anglais, mais les traductions, ça n’a jamais été mon fort.

She could walk right into the fires of hell if she had to, in shoes to die for.  (Elle pourrait marcher à travers les flammes de l’enfer, avec des chaussures pour lesquelles elle pourrait mourir.)

The only thing she bought that could, conceivably, be considered a nonnecessity were a few shoes here and there. That is, if you could possibly consider shoes unnecessary. (La seule chose qu’elle achetait qui pourrait, éventuellement, être considérée comme non nécessaire, c’étaient quelques paires de chaussures par-ci par-là. Enfin, s’il est possible de considérer les chaussures comme non nécessaires.)

The only thing that concerned her, and she knew it was pitiful and shamefully self-indulgent to even think it, was how difficult it was going to be to stop buying shoes. (La seule chose qui l’angoissait, et elle savait que c’était pitoyable et honteusement égocentrique de penser ainsi, c’était à quel point il allait être difficile d’arrêter d’acheter des chaussures.)

Ainsi Lorna me fait un peu penser à Becky Bloomwood dans Confessions d’une accro au shopping…

Ce livre réunit tous les ingrédients d’une bonne chick-lit, à savoir un sujet léger, de l’humour, une histoire qui tient en haleine et des personnages attachants qui nous ressemblent. J’avais dit tout à l’heure me reconnaître en Lorna, mais je pense qu’on reconnaît un petit bout de nous dans chacune des quatre héroïnes. On a toutes, par exemple, des complexes, et on a toutes parfois peur de sortir, même si nos peurs n’atteignent jamais le niveau de celles de Sandra.

Il est finalement très attendrissant de voir comment ces quatre femmes qui n’ont aucun point commun en viennent à devenir des amies très proches, tout ça grâce à leur addiction aux chaussures.

Même si l’impression que je garde de ce livre y a quand même un passage du livre qui m’a fait tiquer. A une des réunions, un travesti se pointe. Lorna envisage de lui demander de partir, car elles sont là pour échanger des chaussures et le travesti ne chausse clairement pas la même pointure qu’elles. Jusque-là, tout va bien, je suis d’accord. Et après, elle se demande si elle devrait appeler la police. Sérieusement? Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai trouvé ça un peu exagéré d’appeler la police pour un travesti qui n’a rien fait. J’ai trouvé ça un peu hypocrite que les femmes s’acceptent entre elles pour leurs différences, mais sont prêtes à appeler la police juste parce qu’une personne se travestit…

C’était la minute tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil du jour.

Avez-vous lu ce livre? L’avez-vous aimé?

10 Commentaires
  • La belle bleue
    novembre 5, 2014

    Rho tu m’as donné envie d’agrandir ma pile de livres !!!! On peut le trouver en format poche ?

  • ThePsySHoepathe
    novembre 5, 2014

    Je l’ai trouvé divertissant, mais il n’arrive pas à la cheville de la série « accro au shopping » de Sophie Kinsella. Un livre sympa autour des shoes en bref !

  • Ledresisngdelaurie
    novembre 5, 2014

    Sa c’est un livre intéressant ! http://penseesduneshoesaholic.com/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yes.gif

  • adeline L
    novembre 6, 2014

    il a l’air vraiment ultra sympa ce bouquin, une lecture simple et sans prise de tête, pile ce dont j’ai besoin en ce moment

    • Tatiana MK
      novembre 6, 2014

      En plus j’ai lu ça entre deux bouquins assez pesants quand même (« Un enfant du pays » de Richard Wright et « La servante écarlate » de Margaret Atwood) donc ça m’a fait du bien de me vider la tête!

  • Arnaud
    novembre 6, 2014

    Ce qui est sympas dans ce genre de littérature c’est que la mode ou les « addictions » modesques ou shoesesques sont en fait le VRAI personnage de ces livres en tout cas j ‘iras bien feuilleter ce livre!!

    • Tatiana MK
      novembre 6, 2014

      Tu serais alors la preuve vivante qu’il ne s’agit pas que de chick-lit 🙂

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