Les femmes, des victimes des chaussures hors de prix? - Pensées d'une Shoesaholic

Les femmes, des victimes des chaussures hors de prix?

jeudi, 27 décembre, 2012 5
Ce contenu a été publié il y a 7 années. Lisez cet article en tenant compte de son âge (les chaussures dont je parle peuvent par exemple ne plus être disponibles 😉 ).

Ca fait longtemps que je ne vous avais pas fait part d’un article alliant la psychologie et les chaussures. Depuis le jour où je me suis demandée si « acheter des chaussures faisait de nous de meilleures personnes ». (j’ai beau être une fan de chaussures, ma réponse est non!)

Là, le sujet que je vous propose est très similaire: pourquoi les femmes achètent-elles des chaussures hors de prix? (allez sur Slate pour voir l’article)

Chaussures rouges hors de prix

Déjà, je crie au titre sexiste. Pourtant l’auteur explique son point de vue: « Vous savez bien que vous êtes, en ce moment même, les chaussures d’un sublime cuir rouge vif à la main, en train de perdre du temps à des loisirs, du temps que vous auriez pu consacrer à votre travail et vous savez aussi bien que la plupart des hommes que vous connaissez ne perdent pas tant de vitalité dans le rayon chaussures des grands magasins. Ni dans les salons de coiffure, à se faire des balayages. Ni à toute autre activité équivalente à laquelle on peut s’adonner en vue d’atteindre l’élégance, dans le New York du XXIe siècle. »

Pardon, mais les hommes Shoesaholics, ça existe. Arnaud en est la preuve. Et aussi Clem, un de mes amis et Shoesaholics préférés qui a promis de répondre à mon interview. L’auteur de l’article affirme qu’on se ment à nous-mêmes si on pense avoir le choix entre acheter des chaussures ou non. Pardon? Beaucoup de femmes que je connais n’aiment pas les chaussures. Ca ne les rend pas moins belles ni moins intéressantes. Ca rend leurs chaussures moins intéressantes, voilà tout.

En plus, oui, on peut être absorbé par les chaussures et pour autant ne pas avoir la tête complètement vide. Moi par exemple, je ne prétends pas être un exemple de culture, et pourtant entre deux séances de shoe shopping je dévore les classiques sur mon Kindle. (En parlant de classiques, je vous conseille vivement de lire « A Girl of the Limberlost » de Gene Stratton-Porter. Un petit bijou de littérature, qui reste malheureusement assez méconnu surtout en France.) Je pense que je ne dois pas être la seule Shoesaholic à savoir lire…

Mais ce n’est pas la seule absurdité avancée par cette article. Cet article dit que si on achète une paire de chaussures hors de prix, « le fait qu’en aucun cas vous n’avez les moyens, ou une justification pour ces chaussures, vous libère d’une certaine façon, comme si la personne tenant calmement la boîte à chaussures –boîte elle-même excessivement jolie– ne pourrait absolument pas être vous, et quoi qu’elle fasse, ce serait les actes d’un étranger, téméraire. » Ah bon? Moi quand j’achète une paire de chaussures à plus de 100€, de deux choses l’une: soit je viens d’avoir mon salaire deux jours avant et je sais que je peux me les offrir, soit je fais des calculs frénétiques pendant une demi-heure où je me dis « mais alors, si je mange ça demain, et que j’achète plus rien de tout le mois, je peux me les acheter » (la résolution « je m’achète plus rien de tout le mois ne marche pas, je vous l’explique tout de suite). Croyez-moi, je suis bien consciente que ces chaussures c’est moi qui les achète, et que je devrai vivre avec le budget qui me reste jusqu’à mon prochain salaire. Je suis bien consciente aussi que c’est moi qui dois mettre de l’argent sur mon livret A si je veux espérer payer mes impôts 2012, première année où je serai imposable, en une seule fois en automne 2013, quand mon CDD sera arrivé à sa fin et que je serai probablement au chômage. Croyez-moi que je suis on ne peut plus consciente de ça.

Bon, il y a quand même des points où l’auteure ne dit pas complètement des conneries: l’action des chaussures comme une drogue notamment. « Mais si vous sortez avec ces chaussures, elles opèrent comme une drogue –les soucis qui vous obscurcissaient l’esprit avant d’entrer dans le magasin se sont envolés. Vous vous retrouvez bloquée dans la circulation, la ville immobile et stagnante est soudain pleine de promesses et de possibilités. » C’est vrai que quand j’achète des nouvelles chaussures, je vois souvent en ces chaussures la solution à tous mes problèmes. Même si mon problème est la difficulté à trouver un contrat stable en étant jeune diplômée. (voyez l’ironie!)

Ce qui n’est pas idiot également, c’est notre capacité à renoncer aux « nécessités » (je mets le mot entre guillemets parce que bon, quand on regarde les gamins qui meurent de faim en Afrique les exemples que donne l’auteure ne ressemblent plus trop à des nécessités) telles que « un foulard d’hiver, un sandwich pour le déjeuner, près du bureau, un abonnement à la New York Review of Books, des framboises. » C’est vrai, je l’avoue, il m’est déjà arrivé de manger des biscottes le soir (plus en fin de mois qu’au début) parce que j’avais trop dépensé en chaussures, et de marcher 45 minutes dans le froid à 2 heures du matin parce que je n’avais pas les moyens de payer le taxi. Entre autres. Par contre, pour les chaussures, j’ai – presque – toujours les moyens.

Qu’avez-vous pensé de cet article?

5 Commentaires
  • sushiesan
    décembre 27, 2012

    Je ne sais pas, en tant qu’apprentie shoeshaolic je ne me suis jamais mis dans le rouge pour une paire de chaussures, et même maintenant quand je pourrais me payer une paire de chaussures chères (pour moi plus de 30€ dans une paire de chaussures c’est cher – on se défait pas de certains automatismes) j’ai beaucoup de mal a franchir le pas et si je le fais (Patty mon amour <3) je culpabilise et j'hésite a les porter pour pas les abîmer ^^

    Donc acheter des chaussures hors de prix je ne sais pas ce que ça me ferait 😉

    • Tatiana MK
      décembre 27, 2012

      Pour ma part le maximum que j’ai jamais mis dans une paire de chaussures c’est 230€… (dans une paire de L.K. Bennett Petal jaunes, trop canon) Quand je regarde ce que d’autres accros mettent, je n’ai pas l’impression que c’est tant que ça…
      Par contre, moi, je me suis déjà mise dans le rouge pour une paire de chaussures… j’ai acheté les Kartoon de Mellow Yellow (celles à tête de Mickey et à queue <3) à 185€ alors que mon salaire de l'époque était de 750€… gloups

  • mélia
    décembre 28, 2012

    En fait, tout est relatif dans le « hors de prix », mais j’avoue qu’en tant que shoesaholic, je met facilement une centaine d’euros dans mes chaussures, ça me conforte dans l’idée qu’elles vont durer longtemps. Après, je suis fan des boots Acne pistols, mais je n’irai jamais dépenser 400 euros pour une paire de shoes, elles sont pas en or non plus!

    • Tatiana MK
      janvier 1, 2013

      J’aurais trop peur de me les faire voler dans le métro ha ha 😀

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.